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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/9

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Un Saule


À Louise HÉGER.


Ce saule-là, je l’aime comme un homme.

Est-il tordu, troué, souffrant et vieux !
Sont-ils crevés et bossués, les yeux
Que font les nœuds dans son écorce !
Est-il frappé dans sa vigueur et dans sa force !
Est-il misère, est-il ruine,
Avec tous les couteaux du vent, dans sa poitrine,
Et néanmoins, planté au bord
De son fossé d’eau verte et de fleurs d’or,
À travers l’ombre et à travers la mort,
Au fond du sol, mord-il la vie, encor !