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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/87

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Et le voici le solennel doyen,
Sous les franges du baldaquin,
Érigeant droit, d’entre ses mains,
L’ostensoir d’or qui bouge.


Et la foule qui s’est jetée à deux genoux
Se courbe et se relève, avec de grands remous,
Et suit dévotement, jusqu’à la grève,
Par les places et les marchés,
Le long cortège empanaché
De sa croyance et de son rêve.


L’autel est là ; la mer en face.
Entre eux rien que le ciel et que l’espace.
Et le prêtre s’avance et monte et s’éblouit,
Et propage soudain, avec ses mains tremblantes,
Devant la foule ardente et violente,
Son geste en croix sur l’infini.