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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/86

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Au loin, tandis que le pas grave et raide
De ses servantes la précède,
S’avance alors,
Sous un dais lourd, comme un trésor,
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs :
Un voile noir lui descend de la tête,
Sa longue robe est violette,
Et les couteaux d’argent qui perforent son cœur
Apparaissent, parmi ses vêtements funèbres,
Comme un soleil martyrisé dans les ténèbres.



Et défilent après elle, l’essaim
Des carmes blancs et des roux capucins,
Et les chantres clamant les hauts versets bibliques,
Les yeux saillants, la bouche oblique.
Puis tout se tait — et plus rien ne s’entend
Sinon le tintement
Furtif et net
D’une sonnette :
Un flot d’enfants de chœur passe vêtu de rouge ;
L’encens torride et bleu
Fume vers le bon Dieu.

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