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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/76

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Chacun en parle et les parents se taisent
L’un dit « il est parti du côté de la mort »
D’autres le voient, sous de grands cieux de braise
Mener sa vie au cœur des Amériques d’or,
Où l’orge et le froment croissent plus drus que l’herbe
Où ne montent du sol que des moissons superbes
Où l’on fauche le blé, par larges pans vermeils
Comme si l’on abattait des carrés de soleil.

Tous le blâment et tous en rêvent
Le soir, à la morte eau, le long des grèves.

Dites, reviendra-t-il celui qui s’en alla
Louer ses bras,
Au loin, on ne sait où, sous une étoile élue ?

Un jour, on a reçu des lettres de là-bas.
On les commente et chaque phrase est lue
Et puis relue
À la lampe, quand pétillent les feux.
Et l’exemple séduit et tous sentent en eux
Bondir soudain l’esprit des plus lointains aïeux.