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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/72

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Dans les sables, où se creusent mes pas,
Tout près de moi, je vois les sectes
Tatillonnes de mille insectes
Aller, venir, tourner,
Miner le sol et s’acharner.

On s’aide ou l’on se bat :
Un intervalle
Entre deux plants de jacobées,
Est un pays où l’on s’installe :
Des pucerons, des scarabées
S’y disputent et s’y piétinent ;
Mince est la touffe d’églantines,
Où brille, au bord d’une venelle,
Le dos jaspé des coccinelles.

Ô ce silence entier des dunes, à midi !

Au bord de leurs terriers, les petits lapins prestes,
Sur les mousses du sol chauffé font leurs siestes,
Le flot s’étire au loin, le vent semble engourdi
Mille dents de soleil mordent le sol sans ride,
Rien n’apparaît ; seul un nuage épais et blanc
Se tasse en boule à l’horizon brûlant,
Entre deux monts d’oyats et de sable torride.