Ouvrir le menu principal

Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/52

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Le sentier chaud de lumière dorée,
Les feuillages bougeants
Des bouleaux nains à l’écorce nacrée
Tremblent, comme un essaim de papillons d’argent.

Et les mères font la lessive
Sous un auvent, gaîment ;
Et le linge placide et blanc
Sèche, au soleil, sur l’herbe vive ;
Et fillettes et gamins, par tas,
Avec un pain trop grand pour leurs deux bras,
Reviennent du village et de l’école.
Là-bas s’entend un bruit de carriole :
C’est le docteur qui rentre à l’Angélus sonné.
Midi tiédit le sol de ses rais inlassables
Et la petite sœur qui tient le dernier né
Sous sa garde, l’assied
Pour la première fois, le cul nu dans le sable.