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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/51

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Même, bien qu’ils grognent toujours,
Les vieux les plus mornes espèrent.
Ils sont passés, les mauvais jours
Que rythme, à sons de cloche ou de tambour,
Autour du monde, la misère.
Ils sont passés, les temps
Quand il fallait vendre ses nippes
Et qu’il manquait le peu d’argent
Dont ont besoin les pauvres gens
Pour boire un coup et pour bourrer leur pipe.

Mais aujourd’hui, la dune est claire et l’herbe y croît ;
Les humbles fleurs poussent par kyrielles ;
Le ciel est traversé de zig-zags d’hirondelles
Et, dans les clos qui verdissent, les toits
Rouges brillent, de la gouttière au faîte,
Lavés et balayés qu’ils sont depuis cinq mois,
Par les eaux de la pluie et le vent des tempêtes.

Les fenêtres à carreaux verts
Sourient au jour qui les colore.
La poule couve et les œufs vont éclore.
Le chien bourru dort, à travers