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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/39

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Au bout des dunes,
Il habite, là-bas :
Et la pluie et le vent et la brume et la lune,
À sa fenêtre aux carreaux gris,
Viennent le voir
À l’aube, au soir,
En vieux amis.

Ceux qui passent par les sablons incultes,
Non loin de son chemin,
Font un détour et le consultent
Sur le temps qu’il fit hier, ou qu’il fera demain ;
Et les deux mots qu’il leur énonce,
En brève et banale réponse,
Sont rapportés et commentés
De barque en barque, au long des plages
D’où partent les pêcheurs vers les hasards sauvages.

Ceux dont il parle et vit sont dès longtemps les morts ;
Il exhume, du fond de sa mémoire,
De si vieilles histoires,
Qu’il entoure leur sort
Des étranges, mais vivaces, guirlandes
De la légende.