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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/36

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Derrière un mur de brume,
Ils sont partis, les pêcheurs roux ;
Ils s’acharnent, mais Dieu sait où,
Parmi des monts de tempête et d’écume.

Avec leur âme, avec leur corps,
Avec leurs yeux brûlés de sel,
Avec leurs doigts mordus de gel,
Ils travaillent contre la mort.

Ils s’appellent et ne s’entendent pas.
L’Ouest, le Nord, toute la mer fait rage ;
Le mât
Crie et tremble de haut en bas,
Comme une bête en un naufrage.

Le bateau meurt et se disjoint,
Et se creuse une fosse en la vague profonde ;
Et les phares lointains apparaissent plus loin
Que s’ils régnaient au bout du monde.