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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/29

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Ils adorent ce coin de quai
Où s’installent, d’Octobre en Mai,
Les énormes marchandes,
Avec leur établi de bois
Et leurs harengs et leurs anchois
Et leur brasier aux flammes coites,
Dans une boite.

Ils y crachent à l’unisson,
Ils y regardent l’horizon,
Ils y somnolent, ils y bâillent ;
Et leur vieux dos houleux et lourd,
En s’y frôlant et s’y frottant toujours,
Laisse de sa crasse à la muraille.

Et qu’importe que l’almanach
Prédise un grain qui ne vient pas,
Les vieux pêcheurs trouvent prétexte
En son faux texte,
Pour s’attarder encor longtemps
À regarder la mer et les gestes du vent.