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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/24

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Jadis, on allumait des feux
Sur leur sommet, dans le soir sombre ;
Et le marin fixait ses yeux
Vers ce flambeau tendu par l’ombre.

Quand la guerre battait l’Escaut
De son tumulte militaire,
Les tours semblaient darder, là-haut,
La rage en flamme de la terre.

Quand on tuait de ferme en bouge,
Pêle-mêle, vieux et petits,
Les tours jetaient leurs gestes rouges
En suppliques, vers l’infini.

Depuis,
La guerre,
Au bruit roulant de ses tonnerres,
Crispe, sous d’autres cieux, soit poing ensanglanté ;
Et d’autres blocs et d’autres phares,
Armés de grands yeux d’or et de cristaux bizarres,
Jettent vers d’autres flots, de plus nettes clartés.