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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/22

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Hélas, sous les cieux fous, la pauvre vie humaine
Abritant près des flots, son angoisse et sa peine !

La mère et les enfants, et dans son coin, l’aieul
Bloc du passé, debout encor, mais vivant seul,

Et récitant, à bras lassés, chaque antienne,
Cahin-caha, des besognes quotidiennes.

Hélas ! la pauvre vie au fond du vieil hiver,
Lorsque la dune crie, et hurle avec la mer,

Et que la femme écoute, auprès du feu sans flamme,
On ne sait quoi de triste et de pauvre en son âme,

Et que ses bras fiévreux et affolés de peur
Serrent l’enfant pour le blottir jusqu’en son cœur,

Et qu’elle pleure, et quelle attend, et que la chambre
Est comme un nid tordu dans le poing de Novembre.