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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/13

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Si, vers midi, les cieux noirs se dérident,
L’instant vite s’enfuit, l’instant vermeil
Où se traîne, sur les grèves torpides,
L’or fatigué des vieux soleils.

Et l’ombre, à coups de lumière éventrée,
Se referme, sitôt que l’horizon hagard
Soulève, avec les blocs de sa marée,
Les flux montants de ses brouillards.

Et la mer, boudeuse et vomissant l’écume,
Recommence sa lutte et ses combats,
Engloutissant, derrière un mur de brumes,
Tant de voiles qu’on ne voit pas.