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Page:Verhaeren - James Ensor, 1908.djvu/42

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Quand l’exposition s’ouvrit en février 1884, tout le monde, partisans et adversaires, étaient sous les armes. Des revues de combat étaient nées : l’Art Moderne, la Jeune Belgique, la Société Nouvelle, la Basoche. Même certains journaux — telle la Réforme et le National belge — se montraient attentifs et bienveillants. Quelques peintres parmi les aînés, les Heymans, les Smits, les Baron, quelques sculpteurs, les Meunier, les Van der Stappen, les Vinçotte avouaient, par leur présence et leur parole nette, combien la tentative et l’audace des vingtistes leur agréaient. On les comptait ; dix-sept peintres : Periclès Pantazis, Guillaume Vogels, Willy Finch, Dario de Regoyos, Théo Van Rysselberghe, Frantz Charlet, Rodolphe Wytsman, Frans Simons, Piet Verhaert, Théodore Verstraete, Guillaume Van Aise, Jean Delvin, Charles Goethals, Guillaume Van Strydonck, Fernand Khnopff, James Ensor et trois sculpteurs : Achille Chainaye, Paul Dubois, Jef Lambeaux. Parmi les invités se signalaient Israëls, Rops, Stobbaerts, Maris, Rodin. Aucun nom d’impressionniste français ne figurait au catalogue. Monet et Renoir n’exposèrent qu’à la troisième exposition des XX, en 1886.

C’est à cette date que, l’animosité ayant crû d’année en année, le critique d’art de la Jeune Belgique s’exprima de la sorte, — nous citons l’extrait qui n’est certes pas un modèle de goût, uniquement pour montrer la rudesse des polémiques — :

« Oh la triomphale journée que celle du 6 février ! Les XX sont ouverts. Désormais la bêtise belge a sa date ! On dirait qu’à cette « première » artistique le cerveau