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Page:Verhaeren - James Ensor, 1908.djvu/165

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Ces mêlées de moules et contre-moules et d’asticots asticotés me laissent indifférent : le contribuable ostendais a d’autres singes à fouetter. Mais une grosse question divise nos esthètes mercurisés.

L’érection de la statue de Jan Van Iseghem s’impose, clament nos édiles en mal de bronze ! Pschykoriaminikrolobrédibréraxispipipi ! expectorent péniblement nos vieux barbons du littoral ; « une réunion de conseillers de l’Huîtrisie Heureuse s’indique », fafouent nos scaphandriers désossés, prudents immergeurs de vesses traîtresses.

Après vives discussions hérissées de bourdes solennelles, sauts de carpe, torgnioles, plamussades, nasardes fraîches, faux horizons de narquoisie, momeries variées, arlequinades de haute lisse, péroraisons limaçonnes, jérémiades de tritons essoufflés, volées oratoires de grand effet, miaulement suraigus, grognements agressifs, gloussements inarticulés et bredouillements confus dignes d’une assemblée de vieilles lavandières échaudées ou marchandes des quatre saisons coquemardées, nos orateurs mollusqueux, égosillés et contents se réfugièrent prestement entre de jolies valves nacrées et perlières, et il ne fut plus question de la statue du plus pelliculé des bourgmestres passés, présents et à venir. »


La musique l’a tenté autant que la littérature. Il compose et improvise. Blanche Rousseau fut, un jour, témoin de la façon dont il railla avec des notes ceux qui le raillaient avec des paroles.

« À un dîner de noces où se trouvaient un grand