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Page:Verhaeren - James Ensor, 1908.djvu/155

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M. le Directeur.

Vous dessinez en peignant, mauvais ! mauvais !
Vous allez vous noyer.
C’est le sentiment qui vous perd, vous n’êtes pas le seul.
La semaine passée, vous avez fait un bon dessin, maintenant, c’est
encore une fois la même chose ; vous avez mal à l’œil peut-être ? Un
sculpteur serait bien embarrassé, s’il devait faire quelque chose
d’après votre dessin.
Est-ce M. Slimmevogel qui a retouché ça ?

Le Surveillant.

M. le Directeur et M. Pilstecker sont très fâchés contre vous, à
cause de votre concours d’esquisse peinte. Si vous voulez me
promettre de changer de manière, j’en parlerai à M. le Directeur,
et vous pourrez entrer à la classe de nature.

Moralité : L’élève quitte l’Académie et se fait Vingtiste.
Moralité ultérieure : On refuse toutes ses toiles au Salon. »

Ce monologue porte. Il est jovial et juste. Il résume, d’un style leste et ironique les tares de l’enseignement officiel. Les personnages représentés se reconnaissent. Leurs jolis noms empruntés au langage populaire donnent au morceau entier, une savoureuse couleur locale. Ensor ne pouvait être un bon élève. Sa nature s’y opposait ; il était destiné à devenir un bon