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Page:Verhaeren - James Ensor, 1908.djvu/152

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Vous faites le contraire de ce qu’on vous dit. Au lieu de commencer
par vos vigueurs, vous commencez par les clairs. Comment
pouvez-vous juger votre ensemble. Il faut faire vos vigueurs avec
du noir de vigne et de la terre de Sienne brûlée.
Je ne sais pas ce qu’il y a dans l’air ici ; jamais je n’ai vu la
classe de peinture comme cette année. Je serais honteux si un
étranger entrait ici.
Je ne vois rien là dedans. Il y a de la couleur, mais ça ne suffit
pas.
Ça manque de vigueur. Vous empâtez trop. Vous avez l’air de bien
chercher cependant. Vous avez assez cherché maintenant.
Est-ce M. Pilstecker qui a corrigé votre étude ? Ça n’est pas sa
semaine, pourtant. C’est embêtant, ça !

3e Semaine : M. le professeur Van Mollekot.

Qu’est-ce que c’est que ça ! C’est beaucoup trop brun, vous savez.
Est-ce M. Slimmevogel qui vous a corrigé ?
C’était si bien commencé. Vous dessinez si bien, mais vous abîmez
tout ce que vous faites.
Croyez-moi, c’est dans votre intérêt que je vous le dis. Mettez
votre étude à côté du modèle. Vous avez peur de peindre.
Il faut peindre avec des brosses plates, en pleine pâte, mais il
faut faire attention de ne pas blaireauter.
Vous n’empâtez pas assez. Je sais bien que vous savez le faire,
mais il faudrait le montrer aux autres.
Vous faites du paysage, c’est de la farce, le paysage !