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Page:Verhaeren - James Ensor, 1908.djvu/151

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Nota : La vérité des menus propos qui suivent est garantie.

1re Semaine : M. le professeur Pilstecker.

Vous êtes coloriste, Monsieur, mais sur 100 peintres il y a 90
coloristes.
Le flamand perce toujours chez vous, malgré tout. Je trouve les
artistes français très forts ; dans une exposition, on les distingue
de suite de leurs voisins ; ils sont très forts en composition.
Il ne faut pas croire que le professeur abîme l’étude en la
corrigeant ; quand j’avais votre âge, je le croyais aussi,
maintenant je vois bien que le professeur avait raison.
Vous n’avancez pas ! ça n’est pas modelé ! (montrant l’étude d’un
autre élève). En voici un qui va bien ! Malheureusement il est trop
paresseux.
Vous cherchez déjà l’air ambiant, au lieu d’attendre que vous soyez
assez fort en dessin ; songez que vous avez encore deux classes
d’antiques à faire ! après celà, vous aurez bien le temps de vous
occuper d’air ambiant, de couleur et de tout le reste.
Vous ne voulez pas apprendre ; peindre comme celà, c’est de la folie
ou de la méchanceté.
Je suis forcé de vous complimenter sur votre dessin ; mais
pourquoi faites-vous des dessins contre l’Académie ?

2e Semaine : M. le professeur Slimmevogel.

Vous avez fait votre fond au lieu de faire la figure ; ça n’est pas
difficile de faire un fond.