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Page:Verhaeren - James Ensor, 1908.djvu/107

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IV.

LES DESSINS

Ensor a nettement distingué dans son œuvre le dessin du peintre et le trait du dessinateur. J’en donnai les raisons : elles me semblent plausibles. Pointe et pinceau ne furent jamais à ses yeux des instruments identiques.

Nous voici en présence d’un nombre infini de pages où le fusain, la plume et le crayon se sont appliqués à fixer la vie ou le rêve. On les peut diviser aisément en catégories : les croquis ; les dessins de caractère ; les dessins atmosphérés ; les dessins à lignes pures et les dessins ornementaux. Il est certes piquant de constater que c’est précisément celui parmi nos grands artistes qu’on accuse peut-être le plus de négliger le dessin qui surtout le cultive. S’il rassemblait tous ceux qu’il a faits, ils formeraient une bibliothèque.

Je sais des notations où quatre à cinq traits nettement placés expriment l’enveloppe, la masse et l’attitude momentanée d’un personnage ; voici, d’un coup de crayon, la marche, l’inclinaison, la vitesse d’une jambe traduites ; le mouvement d’un dos, l’affalement d’une hanche, le bondissement d’une croupe, la tension d’un