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L’été, il est venu, malade et malfaisant,
avec du plomb dans son sang blanc,
avec ses durs midis de pierre ;
l’été ! et ses lumières carnassières
et ses silences fermentants.

— Vous, les jardiniers de la mort
et des tombes torrides,
voici des fleurs qui ont des rides
et qui penchent, ainsi que des remords,
leurs ors et leurs faisceaux arides.

— Vous, les charpentiers de la mort,
voici les géantes cuirasses
des grands hêtres dont l’écorce se casse
dans les forêts comme engourdies
où se couvent les maladies.

— Vous, les embaumeurs de la mort,
voici la stérile agonie
des verdures trop tôt finies ;
voici les blés fripés,