Page:Verhaeren - Almanach, 1895.djvu/28

Cette page a été validée par deux contributeurs.




Puis cueille avec ses doigts,
un peu roides de séculaire empois,
un insecte qui dort, ailes émeraudées,
au cœur des plantes fécondées.

Et de sa douce main, enfin,
détache une chèvre qui broute
à son piquet, au coin des routes,
et doucement la baise et la caresse
et doucement la mène en laisse.

Alors, la petite Vierge Marie
s’en vient trouver le vieux tilleul de la prairie,
dont les rameaux pareils à des trophées
recèlent les mille légendes.

Et humble, adresse enfin ces trois offrandes,
sous le grand arbre, aux bonnes fées,
qui autrefois, au temps des merveilleuses seigneuries,
furent, comme elle aussi, la bénévole allégorie.