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Lorenzo contribuèrent à décorer l’église de la Mezzarata, qui est à Bologne ce que le Campo-Santo est à Pise, une vaste arène où il fut permis à presque tous les artistes de se mesurer. Les Bolonais possédaient donc alors une école locale, bien qu’elle ne fût ni aussi célèbre ni aussi brillante qu’elle le devint dans la suite.

Aux élèves déjà cités du Franco il faut joindre un Jacopo, un Simone et un Cristofano, dont les fresques existent encore à la Mezzarata, et témoignent de leur attachement aux types traditionnels observés par les miniaturistes. « Cristofano, a dit Vasari, était de Ferrare ou de Modène. » Baldini, Massini et Bumaldo, historiens bolonais, en le donnant à leur école, ont tranché la question trop cavalièrement peut-être. Toujours est-il que Cristofano vécut longtemps à Bologne et qu’il y jouit d’un grand crédit, car, outre les fresques de la Mezzarata, il eut à exécuter un important tableau d’autel que l’on conserve encore. Du reste, on reconnaît facilement le style de la primitive école bolonaise dans son immense composition du palais Malvezzi, et il n’en faut pas davantage pour détruire les incertitudes qu’auraient fait naître les paroles de Vasari.

Parmi les peintres bolonais du quinzième siècle, qui s’exercèrent à la Mezzarata, Jacopo Avanzi est regardé, à bon droit, comme le plus distingué. En effet, initié au progrès par les exemples de Giotto, il introduisit le premier la réforme dans l’école. On connaît de lui des Madones dont les traits et les attitudes sont étudiés avec un soin extrême et rendus