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divertissements qui étaient toujours organisés par des artistes.

Une fête solennelle et publique était célébrée presque tous les ans par chacun des quartiers de Florence, à l’exception de celui de San-Giovanni, qui, le jour de la Saint-Jean, faisait une procession dont nous parlerons plus tard. Sauta-Maria-Novella avait choisi le jour de saint Ignace ; Santa-Croce, celui de saint Barthélemi ; Santo-Spirito, celui de l’Esprit-Saint ; et le Carmine, celui de l’Ascension du Seigneur et de l’Assomption de Notre-Dame. Nous dirons quelques mots de la fête de l’Ascension qui était la plus importante.

Le Christ, porté sur un nuage couvert d’anges, montait au ciel, laissant ses apôtres sur une montagne construite en bois. Le ciel était un peu plus grand, mais disposé à peu près de la même manière que celui de San-Felice. Et, comme l’église del Carmine, où se donnait cette représentation, est beaucoup plus large et plus élevée que celle de San-Felice, on pouvait jeter, suivant le besoin, au-dessus de la tribune principale un autre ciel où de vastes roues en forme de dévidoir faisaient tourner dix zones, garnies de petites lumières jouant les étoiles, renfermées dans de petites lanternes de cuivre, qui, malgré le mouvement de rotation, demeuraient toujours d’aplomb comme ces fallots dont on se sert communément aujourd’hui. De ce ciel sortaient deux gros câbles dont chacun était armé d’une petite poulie en bronze qui soutenait une barre de fer fixée à une plaque sur laquelle reposaient deux