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Page:Vasari - Vies des peintres - t1 t2, 1841.djvu/858

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représenta l’histoire de la croix, depuis le moment où la graine qui produisit l’arbre dont on la forma fut placée sous la langue d’Adam par ses fils, lorsqu’ils l’enterrèrent, jusqu’à celui où l’empereur Héraclius entra dans Jérusalem en marchant pieds nus et en la portant sur son épaule. Ces compositions renferment des morceaux dignes d’éloges, tels que les costumes des femmes de la reine de Saba, plusieurs portraits d’après nature pleins de vie et de mouvement, une colonnade d’ordre corinthien divinement mesurée, et un paysan qui, les mains appuyées sur une bêche, écoute attentivement sainte Hélène, tandis que l’on déterre les trois croix. Il eût été impossible de mieux rendre le mort qui ressuscite au toucher de la croix, la joie qu’éprouve sainte Hélène, et l’étonnement des spectateurs, qui s’agenouillent pour adorer. On admire surtout un ange en raccourci, qui, pendant la nuit, apporte le signe de la victoire à Constantin endormi sous une tente gardée par un valet et par quelques soldats. La lumière qui s’échappe de la personne de l’ange éclaire la tente, les armes des soldats et les moindres détails de cette scène, dans laquelle Pietro se montra consciencieux imitateur de la nature, et enseigna aux modernes les moyens de rendre ces effets avec la perfection que nous connaissons aujourd’hui. Il exprima ensuite puissamment dans une bataille l’effroi, l’intrépidité, l’adresse, la vigueur des combattants, et les divers sentiments qui peuvent les agiter au milieu d’un carnage effroyable.

D’un autre côté, Pietro peignit la Fuite et la Mort