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une apprentie servante nous mettre tous sur le tapis et servir de risée à tout le monde ? Depuis le premier siècle, l’on n’a jamais ouy tant bruire de crier par les rues : tantost en voylà une qui n’est que trois semaines à une maison ; tantost l’autre est trop salle ; tantost l’autre est trop friande ; et tantost l’autre est larronnesse ou est trop gourmande, elle avalle une andouille tout à la fois ; ou l’autre est trop amoureuse, ou l’autre ne fait que riotter4 avec les garçons et ne fait que amuzer les serviteurs, ou est trop glorieuse ou trop delicate pour estre servante, ou est trop rude aux enfants, ou est trop paresseuse, ou il faut que l’on aille vilotter, tantost voir ma sœur ou ma cousine. Ont-ils esté six mois en une maison, ils font comparaison avec le maistre et ne tiennent plus conte de rien faire. Si c’est la fille de quelque meschant savetier, elle a un demy ceing de quarante ou cinquante francs sur ses costez ; la voyez-vous cheminer par les rues ! Voylà madame qui fait piaffe5, et elle marie à quelque porteur d’eau. Est-elle dix-huit mois en mesnage, a-elle eu un enfant, voilà ma pauvrette et glorieuse de servante à la merde jusques aux oreilles.



4. Quereller, disputer. Je croirois plutôt qu’il faut lire rioller, c’est-à-dire se mettre en joie. Les ouvriers disent encore être en riolle dans le même sens.

5. Par ce mot on entendoit l’ostentation dans les habits :

Le peu qu’ils ont est pour la bonne chère ;
Vaine piaffe emporte le meilleur,
Et le fripier fait tort aux rotisseurs.
Et le fr(Du Cerceau, les Bottes de foin, conte.)