Page:Vanloo, Leterrier et Tréfeu, Le Voyage dans la Lune, 1877.djvu/63

Cette page a été validée par deux contributeurs.



VLAN.

Alors, pourquoi l’êtes-vous ?


COSMOS.

J’ai été forcé.


VLAN.

Comment forcé ?


COSMOS.

Oui, quand le trône est vacant, comme personne n’en voudrait, on choisit au hasard, parmi les habitants dix des plus riches et des plus lourds.


VLAN.

Alors vous avez été élu au poids ?


COSMOS.

Oui, je pesais deux cent quatre-vingts, j’ai été pincé.


CACTUS.

Je l’ai échappé de trente-cinq grammes.


VLAN.

L’emploi est donc bien mauvais ?


COSMOS.

C’est-à-dire que je ne connais rien de plus pénible… jamais un instant de liberté, je pioche du matin au soir. Impossible de prendre un instant de repos… Voyez les murs de mon palais.


MICROSCOPE.

Ah ! mais !… ils sont en verre !


VLAN.

Bonté du ciel ! je n’avais pas remarqué.


MICROSCOPE.

Ça doit être gênant.


COSMOS.

Parbleu ! à tout instant, les passants s’arrêtent pour me surveiller et s’assurer que je ne perds pas mon temps. Tenez.

Depuis un instant, quelques passants regardent à travers le vitrage du fond.