Page:Van Bever - Les Poètes du terroir, t1, Delagrave.djvu/530

Cette page n’a pas encore été corrigée
508
LES POÈTES DU TERROIR
Ce texte est considéré comme dans le domaine public aux États-Unis, car publié il y a plus de 95 ans. Mais encore soumis aux droits d’auteur dans certains pays, notamment en Europe. Les téléchargements sont faits sous votre responsabilité.

Est-ce Lexobie ou Tolente,

Ou la fontaine d’Occismor ?

Par delà le flux des années, Dans l’étalé des jours trop long-s, Les étés rongent les moellons De ses berges abandonnées.

Et pas une âme ne répond A la chanson toujours pareille, A la chanson de l’eau qui veille, Sous les piliers moisis du pont.

Eaux d’un Léthé, sans fin vouées A l’empire du Spectre-Oubli, Elles reflètent sans un pli Un ciel d’immobiles nuées.

Ah ! si le souffle des grands vents Eût déchiré ce blanc suaire. S’il eût creusé dans l’estuaire Ses sillons glauques et mouvants !

Oh ! là-bas, à la mer montante Si le déferlement des flots Mêlait sa clameur aux sanglots Profonds et forts de la tourmente !

Mais le vent se tait, et les cieux Sur notre tête ou dans l’eau blême Sont comme un dédaigneux problème Narguant l’enquête de nos yeux,

Tandis qu’au large de la rive Qu’a découverte le jusant. Les barques sur l’étain luisant Vont, comme l’heure, à la dérive.

[Pai tances.