Page:Twain - Un pari de milliardaires, et autres nouvelles.djvu/81

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


chapelet de perles de couleur. Chaque perle longue représente un trajet d’une minute, et, lorsque vous avez dépassé quinze perles, vous en avez pour votre argent. La carte de Berlin est un labyrinthe aux couleurs les plus gaies ; elle ressemble à une planche de la circulation du sang.

Les rues sont très propres. Elles sont bien tenues, non à la manière fantaisiste des rues de New-York, mais au moyen de ratissoires et de balais qui fonctionnent à heure fixe ; et lorsqu’une rue a été scrupuleusement nettoyée après la pluie ou une légère couche de neige, on y jette du sable, ce qui évite les chutes des chevaux. En somme, Berlin est une capitale qui ne regarde à aucune dépense lorsqu’il s’agit des convenances des particuliers, de leur confort et de leur santé. Il faut cependant excepter un détail : celui des noms et des numéros des rues.

Quelquefois le nom d’une rue change au beau milieu d’une artère, entre les maisons d’un même pâté. Vous ne vous en apercevrez qu’en arrivant au coin suivant, en voyant une nouvelle plaque au unir, et bien entendu vous ne savez pas à quel endroit a eu lieu ce changement.

Les noms sont placardés lisiblement à tous les coins de rues, sans exception. Mais le numérotage