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de sa venue à Berlin, un des éditeurs les plus malins de Brooklyn prit un omnibus de très bon matin et essaya en vain d’arriver à un point central de la ville. Impossible ; il dépensa beaucoup de dollars en billets et ne put gagner l’endroit où il voulait aller. C’était certainement le meilleur moyen de connaître Berlin, mais assurément pas le plus économique.

Malgré ces inconvénients, le système d’organisation des omnibus a du bon.

La voiture ne s’arrête pas, pour vous laisser monter ou descendre, en dehors de certaines haltes ; là seulement un poteau vous indique que c’est une station d’arrêt. Le système évite d’ailleurs bien des fractures de jambes ! Il y a vingt places à l’intérieur ; aussitôt qu’elles sont occupées, personne ne peut plus entrer ; il reste quatre ou cinq places debout sur chaque plate-forme — un décret en fixe le nombre — et, lorsqu’elles sont prises, on n’accepte plus aucun voyageur.

Comme il n’y a jamais de cohue, et que le tapage est interdit, les femmes vont sur la plate-forme comme les hommes ; et bien souvent elles préfèrent ces places à celles de l’intérieur, parce qu’elles sont confortables et qu’on ne sent aucun cahot.

Un Berlinois me raconte que lorsque parut le pre-