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mort. On trouve des kiosques environ à chaque demi-kilomètre, dans toutes les rues principales, et c’est là qu’on peut acheter ses journaux.

Les théâtres foisonnent, mais ils ne font pas une réclame tapageuse ; pas d’affiches sur les murs ; pas d’annonces à gros caractères ; pas de photographies d’acteurs et de scènes présentées dans des cadres sensationnels et reproduites sous des couleurs suggestives ; cet étalage est chose inconnue à Berlin. Si les grondes affiches existaient, on ne saurait où les apposer. Car il n’existe pas de salles de pas perdus et on défend formellement de placarder les murs de la ville. Tout ce qui choque l’œil est prohibé : Berlin est un repos pour l’œil.

Et pourtant, le flâneur peut savoir sans peine ce qui se passe aux théâtres. Partout, et très rapprochés les uns des autres, on rencontre des piliers ronds, d’environ dix-huit pieds de haut et gros comme un muid, sur lesquels sont affichés les programmes et autres notices théâtrales. On trouve habituellement autour de ces piliers un groupe de badauds qui lisent avidement les affiches. Il y a décidément à Berlin une masse de choses qui mériteraient d’être importées en Amérique ; je les ai d’ailleurs notées avec beaucoup de soin.

Lorsque Buffalo Bill faisait sa tournée en Alle-