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il continuait à régner sur la crédulité publique, et l’on suivait toujours avec confiance ses avis dévastateurs, ainsi qu’en témoignent les annotations insérées dans ses feuillets. Mais nos soldats mirent la main sur cet ouvrage et le rapportèrent dans leurs foyers ; depuis, on l’a retiré de la circulation. Les considérations qui vont suivre, tirées de la préface de ce livre, sont bien dans la note du vieux temps ; elles respirent le culte de l’antiquité et le dédain de la nouveauté :

« En constatant les progrès modernes, nous devons reconnaître que nous sommes d’autant moins autorisés à nous estimer supérieurs aux anciens, et à les mépriser, que ces progrès mêmes constituent les preuves les plus flagrantes de notre ignorance et de notre vanité.

« Parmi tous les écrivains systématistes, Jérôme Fabrizio d’Aquapendente est incontestablement le moins discutable comme érudition et jugement ; eh bien ! il ne rougit pas de déclarer à ses lecteurs que Celsus, chez les Latins, Paul d’Egine, chez les Grecs, et Albucasis, chez les Arabes, — que je ne puis ranger parmi les modernes, bien qu’il ne vécût qu’il y a six cents ans, — sont les trois lumières auxquelles il a eu le plus souvent recours pour composer son éminent volume. »

Et les auteurs du Dictionnaire médical, qui,