Page:Twain - Un pari de milliardaires, et autres nouvelles.djvu/159

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mais mes efforts ne réussirent pas à dissiper l’orage qui grondait au-dessus de ma tête.

On avait donné à d’autres voyageurs nos bonnes chambres de la veille ; on nous en procura d’autres qui, bien qu’un peu éparpillées dans l’hôtel, suffisaient amplement à nos besoins. Je croyais que l’on allait pouvoir se dérider un peu, quand le chef de la caravane me dit : « Faites monter les bagages ! » Ceci me refroidit un peu. Il devait y avoir ; quelque chose de louche dans cette histoire des bagages, j’en avais le pressentiment.

Je me disposais à tenter une nouvelle insinuation, quand une main impérieuse me fit signe de me taire, et je fus avisé que nous allions séjourner trois jours ici, et voir si nous ne pourrions pas y rester tout à fait.

— Très bien, fis-je. Inutile de sonner. Je descends m’occuper moi-même des bagages.

Je pris un fiacre, filai droit chez M. Natural, et lui demandai quels ordres je lui avais laissés. Il me dit :

— Vous m’avez commandé d’envoyer sept malles à l’hôtel.

— Et ne vous ai-je pas dit d’en reprendre d’autres ?