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accident, à part que j’oubliai sur le quai une valise et quelques menus objets, — mais on ne peut pas appeler cela un accident. Du coup, je m’offris à conduire la caravane jusqu’au bout du voyage, à Bayreuth.

Je commis là une « gaffe », bien que la chose parût très faisable à première vue. L’équipée était beaucoup plus compliquée que je ne le pensais. Premièrement, il fallait rallier deux personnes que nous avions, quelques semaines auparavant, laissées dans une pension à Genève, et les amener à notre hôtel. Deuxièmement, je devais signifier aux individus qui ramassent les bagages sur le grand quai d’avoir à porter sept malles à l’hôtel pour en remporter sept autres qu’ils trouveraient empilées sous le hall. Troisièmement, il me fallait découvrir dans quelle partie de l’Europe était Bayreuth, et prendre sept billets de chemin de fer pour cette localité. Quatrièmement, j’avais à envoyer un télégramme à un ami, dans les Pays-Bas. Cinquièmement, comme il était deux heures de l’après-midi, il fallait se dépêcher pour être prêts pour le premier train de nuit, et assurer des places dans le sleeping. Sixièmement, je devais enfin retirer de l’argent à la banque.

À mon avis, les tickets de sleeping étaient la chose la