Page:Twain - Un pari de milliardaires, et autres nouvelles.djvu/116

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


toujours agi de manière à éviter les tentations.

Eh bien ! un jour de l’été dernier, j’étais couché sous un arbre, ne pensant pas à grand’chose, lorsqu’une idée me vint à l’esprit. Je dis à quelqu’un de la maison :

— Supposez que je vive jusqu’à quatre-vingt-deux ans, que je devienne sourd, aveugle, édenté, et qu’au moment de rendre lé dernier soupir sur mon lit de mort…

— Attendez, laissez-moi finir votre phrase, — interrompit l’autre.

— Allez, lui dis-je.

— Quelqu’un se précipite avec un papier, s’écrie : « Tous les autres héritiers sont morts, vous êtes comte de Durham ! »

C’était juste ce que j’allais dire. Et pourtant jusqu’à ce moment, jamais cette idée ne m’était venue à l’esprit. — Il y a quelques années, j’aurais été stupéfait d’une chose pareille, mais je n’en étais plus à m’étonner de particularités qui m’arrivaient couramment chaque semaine, et je suis bien convaincu maintenant qu’un cerveau peut communiquer clairement avec un autre, sans l’aide du véhicule lourd et lent de la parole.

Ce siècle parait avoir épuisé presque toutes les inventions ; cependant il en reste une encore à