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Trouées dans les Novales

part de l’épouvante qui s’attache au moindre pli de terre où la mer accomplit ses catastrophes.

L’alise n’était pas assez éloignée du Cap pour ignorer ce que chaque marée apporte en ses lagans.

Les gens de Clam Cove exagéraient. C’était leur droit. C’est le droit des humbles. Ils y trouvent leur poésie.

L’Anglo-Saxon, brisé, démantelé, allait ressusciter ses victimes.

La mer ignore les castes. Elle les méprise. La cabine et l’entrepont font leur offrande sans trier l’or et les haillons. L’onde nivelle tout. Le fantôme n’a pas de bourse. C’est pourquoi il flotte. Son horreur n’a pas de rang.

L’aventure de Pierre, le brisement du bateau, se revêtaient de surnaturel. Ils évoquaient l’occulte. Il n’y avait rien d’humain dans tout cela.

Chez le malade, l’ébranlement physique avait vaincu la raison. L’idée