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Trouées dans les Novales

briquer les pièges à prendre les oiseaux et les petits animaux à fourrure ; il savait mieux que tous métamorphoser en flageolets et sifflets les roseaux bordant la rivière et les tiges nouvelles coupées dans les bois.

Par les grandes chaleurs d’été, il se vautrait dans l’herbe à dinde, à l’ombre du haut mur dégringolant la pente du chemin de rang, et permettait aux heures de couler sans rompre la monotonie somnolente de sa béatitude.

L’hiver venu, Pitro se collait au poêle et passait les jours à gosser des bouts de cèdre et de bois blanc qui devenaient des cages, des appeaux, des trébuchets. Cela le consolait d’avoir puisé de l’eau et fendu les bûches.

Le soir arrivé, s’il y avait veillée chez un voisin, il s’y rendait sans invitation et se plaçait le plus près possible de la chaleur. Seulement, il ne dansait pas. C’était trop fatiguant. Il se contentait