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Page:Tolstoï - Résurrection, trad. Wyzewa, 1900.djvu/411

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coup, s’essuya les yeux. Puis il s’assit sur le divan, alluma un cigare, et ne dit plus rien.

Nekhludov se sentit tout triste et tout honteux à la pensée d’avoir, à ce point, blessé son beau-frère et sa sœur ; et d’autant plus, que, partant le lendemain, il savait qu’il n’aurait plus l’occasion de les revoir. Il prit congé d’eux après quelques paroles banales et rentra chez lui.

« Ce que je lui ai dit est peut-être vrai, — se dit-il ; — mais en tout cas je n’aurais pas dû lui parler ainsi. Décidément, le changement qui s’est fait en moi n’est pas encore bien profond pour que j’aie pu m’irriter si fort, et humilier à ce point Ignace Nicéphorovitch, et faire tant de peine à ma pauvre Natacha ! »