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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/93

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— Mais quoi ! Est-ce que je suis un assassin ? Je n’ai pas encore perdu une seule âme. Et voilà, quel mal y a-t-il à cela ? Est-ce qu’eux ne volent pas les pauvres diables ?

— Ça, c’est leur affaire. Ils auront à en répondre.

— À quoi bon leur regarder les dents ? Eh bien, j’ai pillé une église, quel mal y a-t-il à cela ? Maintenant je vais en faire autant. Ce n’est pas une boutique quelconque que je veux piller, c’est l’argent du trésor que je veux voler et distribuer aux braves gens.

À ce moment un prisonnier se souleva sur sa planche, et prêta l’oreille. Stepan et Vassili se séparèrent. Le lendemain Vassili exécuta ce qu’il avait projeté. Il commença à se plaindre de ce que le pain n’était pas cuit. Il excita tous les prisonniers qui demandèrent à voir le directeur pour porter plainte. Le directeur de la prison vint, les injuria tous, et ayant appris que Vassili était l’instigateur de toute cette affaire, il ordonna de le mettre à part, dans une cellule de l’étage supérieur ; ce qu’avait voulu Vassili.


IX


Vassili connaissait cette cellule où on le transféra. Il en connaissait bien le plancher, et dès qu’il y fut enfermé, il se mit à disjoindre les planches du parquet. Quand il eut obtenu une ouverture assez large pour y passer, il se fit de même un passage dans le plafond de la salle qui se trouvait en dessous et qui était le dépôt mortuaire. Ce jour, il y avait un cadavre sur la table du dépôt. Dans