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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/54

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Ivan Mironoff nia, alors Stepan lui donna un coup dans le visage, lui écrasant le nez d’où le sang coula.

— Dis ou je te tue !

Ivan Mironoff penchait la tête et se taisait…

Stepan le frappa de sa longue main une fois encore, puis une autre. Ivan Mironoff se taisait toujours, rejetant sa tête tantôt à droite, tantôt à gauche.

— Frappez-le tous ! s’écria le staroste.

Et tous se mirent à le frapper. Ivan Mironoff tomba et leur cria :

— Barbares ! Maudits ! Frappez à mort, je ne vous crains pas !

Alors Stepan saisit une des pierres qui étaient préparées et, d’un coup, lui brisa le crâne.


XV


On jugea les meurtriers d’Ivan Mironoff, au nombre desquels était Stepan Pelaguschkine. L’accusation pesait plus fortement sur lui parce que tous les témoins étaient d’accord que c’était lui qui avait, d’un coup de pierre, fracassé la tête d’Ivan Mironoff. Stepan ne dissimula rien à ses juges. Il expliqua que la fois qu’on lui avait volé sa dernière paire de chevaux, il était allé le déclarer à la police et qu’il eût été facile alors de retrouver les traces des tziganes, mais que le commissaire n’avait voulu ni l’entendre ni le recevoir et n’avait ordonné aucune recherche.

— Que pouvons-nous faire avec un homme pareil ? Il nous a ruinés !