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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/51

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fracturer et piller le magasin du marchand chez qui il avait travaillé déjà, et qui l’avait battu et chassé sans le payer. Il connaissait toutes les issues, et savait où était l’argent. Il fit faire le guet par un soldat, et lui-même, fracturant la porte cochère, entra et prit tout l’argent. Le vol avait été fait artistement : il n’y avait aucune trace. Vassili s’était emparé de trois cent soixante-dix roubles ; il en donna cent à son compagnon ; avec le reste il se rendit dans une autre ville, et là fit la noce avec des camarades et des filles.

Les agents de police le surveillèrent, et il lui restait très peu d’argent quand on l’arrêta et le mit en prison.


XIV


À dater de cette époque, Ivan Mironoff devint un voleur de chevaux très habile et très audacieux. Afimia, sa femme, qui autrefois l’injuriait pour son manque de savoir-faire, maintenant se montrait heureuse et fière de son mari qui avait une pelisse de peau de mouton, tandis qu’elle-même possédait une demi-pelisse et une pelisse neuve.

Dans le village et les alentours, tous savaient que pas un seul vol de chevaux n’avait lieu sans qu’il y prit part, mais ils n’osaient pas le dénoncer, et quand parfois les soupçons tombaient sur lui, il savait en sortir pur et innocent. Son dernier vol avait été celui de Kolotovka. Quand il en avait la possibilité, Ivan Mironoff choisissait sa victime, et, de préférence, il volait chez les propriétaires et les marchands. Mais chez les propriétaires