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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/375

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pas bien… On le saura… Je comprends que Lise est faible, il faut la ménager… mais pourquoi dans ton domaine…

De nouveau Eugène tâchait de ne pas écouter ce que disait son oncle et d’arriver au fond même de l’affaire.

— Mais, sauvez-moi de moi-même, voilà ce que je vous demande. Aujourd’hui, c’est un hasard qui m’a empêché de succomber, mais maintenant elle sait aussi… Ne me laissez jamais seul.

— Oui, dit l’oncle. Mais es-tu donc si amoureux ?

— Oh ! ce n’est pas du tout cela. Non, c’est une force quelconque qui m’a saisi et me tient. Je ne sais que faire. Peut-être quand je serai plus fort alors…

— Eh bien, la voilà, l’aide, dit l’oncle. Allons tous en Crimée !

— Oui, oui, allons, et en attendant, je resterai avec vous, nous causerons…


XVII

Le fait d’avoir confié son secret à son oncle, et principalement, les tourments de la honte qu’il endura après ce jour de pluie, remirent Eugène. Le départ pour Yalta fut fixé à la semaine suivante. Pendant cette semaine Eugène alla en ville, pour se procurer l’argent du voyage, donna des ordres pour la maison et au bureau pour l’exploitation, et, de nouveau, redevint gai et confiant envers sa femme. Il renaissait moralement.

Il partit avec sa femme, en Crimée, sans avoir revu une seule fois Stepanida depuis le jour de