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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/372

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marqua la trace fraîche d’un pied nu. Oui, elle était venue. « Maintenant c’est fini. N’importe où que je la rencontrerai, j’irai à elle. J’irai chez elle la nuit. » Longtemps il resta assis dans la cabane et en sortit tourmenté et exténué. Il porta la potion, rentra à la maison, et se coucha dans sa chambre en attendant le dîner.


XVI

Avant le dîner Lise vint chez lui, essayant toujours de trouver quelle pouvait être la cause de son mécontentement. Elle lui dit qu’ayant peur qu’il ne lui soit désagréable de partir à Moscou, où l’on voulait l’emmener pour ses couches, elle avait résolu de rester ici, et que, pour rien au monde, elle n’irait à Moscou. Il savait combien elle avait peur de l’accouchement et sa crainte de ne pas mettre au monde un bel enfant, et malgré lui il s’attendrit en constatant avec quelle facilité elle sacrifiait tout par amour pour lui. Tout était si bon, si joyeux, si pur, dans la maison, et dans son âme il y avait tant de boue, de lâcheté, d’horreur ! Toute la soirée Eugène souffrit à penser que, malgré son sincère dégoût pour sa faiblesse et malgré sa ferme intention d’en finir, demain ce serait la même chose. « Non, c’est impossible ! se disait-il en marchant de long en large dans sa chambre. — Il doit exister un moyen quelconque contre cela. Mon Dieu ! que faire ? »

Quelqu’un frappa à la porte d’une façon inaccoutumée. Il savait que c’était son oncle.

— Entrez ! dit-il.