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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/364

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tranquillement ; toutefois on décida d’envoyer chercher le médecin.

« Bien estimé Nicolas Stepanovitch — écrivait Eugène au médecin, — vous fûtes toujours si bon pour nous que j’espère que vous ne refuserez pas de prêter votre assistance à ma femme ; elle… etc. »

Sa lettre écrite, il alla à l’écurie donner des ordres pour les chevaux et la voiture : il fallait préparer des chevaux pour aller chercher le médecin, d’autres pour le ramener, et tout cela devait être bien combiné. Quand il eut tout décidé, expédié le cocher, il retourna à la maison. Il était environ dix heures du soir. Sa femme était couchée et disait qu’elle se sentait très bien, que rien ne lui faisait mal. Varvara Alexievna assise devant la lampe, cachée de Lise par une pile de morceaux de musique, tricotait une grande couverture rouge, et son air disait clairement qu’après ce qui s’était passé, la paix ne pouvait exister. « Les autres peuvent faire n’importe quoi ; moi, du moins, j’ai fait mon devoir. »

Eugène voyait cela, mais feignant de ne pas le remarquer ; il raconta d’un ton gai et dégagé, qu’il avait envoyé les chevaux et que la jument Kavoujka allait très bien comme cheval de volée du côté gauche.

— Naturellement, le moment est bien choisi pour essayer les chevaux, quand on a besoin d’un secours immédiat. On versera probablement le docteur aussi dans un fosse, dit Varvara Alexievna en regardant attentivement, à travers un lorgnon, son tricot qu’elle avait approché très près de la lampe.

— Mais de toutes façons il fallait envoyer