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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/355

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vous vous, faut-il mettre tout le reste ? dit Eugène, pour cacher sa confusion.

— J’y vais précisément à l’instant.

— Alors terminons cela.

Et Eugène se tranquillisa, espérant que puisqu’il était déjà resté une année sans la rencontrer, il en serait encore de même. « En outre, Vassili Nikolaievitch va en parler à l’employé, celui-ci en parlera à Stepanida et elle comprendra que je ne veux pas cela, » se disait Eugène, et il se réjouissait d’avoir eu le courage de s’ouvrir à Vassili Nikolaievitch, quelque difficile que cela fût pour lui. « Oui, tout vaut mieux, tout, plutôt que ce doute, cette honte. » Il tressaillait au seul souvenir de ce crime de sa pensée.


XII

L’effort moral fait pour vaincre sa honte et dire à Vassili Nikolaievitch ce qu’il lui avait dit, avait calmé Eugène. Il lui sembla que, maintenant, tout était terminé, et Lise remarqua aussitôt qu’il était redevenu tout à fait calme et même plus joyeux qu’à l’ordinaire. « Il était probablement attristé de ces querelles entre nos mères… En effet, avec sa sensibilité, son noble caractère, il est particulièrement pénible d’entendre toujours ces allusions hostiles et de mauvais goût, » pensait Lise.

Le temps était beau. Les femmes, suivant l’habitude, en allant au bois pour tresser des couronnes de fleurs, s’approchèrent du perron de la maison seigneuriale et se mirent à danser et chanter.