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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/27

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cette perte ; et elle ressentit une telle haine pour son mari qu’elle pensa : Comme ce serait bien s’il mourait ! Mais aussitôt elle fut effrayée de ce sentiment et se hâta de s’habiller et de sortir.

Quand son mari revint dans l’appartement, sa femme n’était plus là. Sans l’attendre, elle s’était habillée et était partie seule chez un professeur de leur connaissance qui les avait invités à passer la soirée.


V

Chez le professeur de français, un polonais-russe, il y avait un grand thé, avec gâteaux ; et l’on avait installé quelques petites tables, pour jouer au whist.

La femme du marchand d’accessoires pour photographie s’assit à une table de jeu avec le maître de la maison, un officier et une vieille dame sourde, en perruque, veuve d’un marchand de musique, qui raffolait des cartes, et jouait très bien. La femme du marchand avait une chance extraordinaire : deux fois elle avait déclaré le grand schelem ; près d’elle il y avait une assiette de raisins et de poires ; elle se sentait l’âme joyeuse.

— Eh bien ! pourquoi Eugène Mikhaïlovitch ne vient-il pas ? demanda, de l’autre table, la maîtresse de la maison. – Nous l’inscrirons à la suite.

— Il est probablement occupé avec ses comptes, répondit la femme d’Eugène Mikhaïlovitch. – Aujourd’hui il paye les fournisseurs et le bois.

Et, se rappelant la scène avec son mari, elle