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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/25

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la monnaie… Mais vite… Nous craignons d’arriver en retard au théâtre…

— Vous avez encore le temps, dit la dame ; et de ses yeux myopes elle se mit à examiner le coupon.

— Ce sera charmant dans ce cadre, dit Makhine, s’adressant à Mitia.

— N’auriez-vous pas de monnaie ? demanda la marchande.

— Malheureusement non… Le père a donné cela… il faut donc changer…

— Mais n’avez-vous pas 1 rouble 20 kopecks ?

— Nous n’avons que 50 kopecks de monnaie… Mais quoi ! Avez-vous peur que ce coupon soit faux ?

— Non… rien…

— Autrement donnez le coupon… Nous changerons ailleurs.

— Alors combien ?… Oui, cela fera onze roubles et quelque chose.

Elle compta sur un boulier, ouvrit le tiroir de la caisse, prit 10 roubles en papier, puis, cherchant parmi la petite monnaie, elle prit encore six pièces de 20 kopecks et deux de 5.

— Veuillez faire un paquet, dit Makhine en prenant l’argent sans se hâter.

— Tout de suite.

La marchande fit un paquet et le ficela. Mitia ne respira que quand résonna derrière eux le timbre de la porte d’entrée, et qu’ils se trouvèrent dans la rue.

— Eh bien, te voilà 10 roubles ; laisse-moi le reste ; je te rendrai cela…

Makhine partit au théâtre et Mitia se rendit chez Grouchetzky et lui remit son argent.