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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/23

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prégnée de l’odeur de savon parfumé et d’eau de Cologne.

— C’est la dernière chose, dit Makhine, quand Mitia, lui racontant son infortune, lui montra le coupon et les cinquante kopecks, et lui avoua qu’il avait besoin encore de neuf roubles. – Sans doute on peut engager la montre, mais on peut faire mieux, dit Makhine en clignant d’un œil.

— Comment mieux ?

— Mais très simplement. – Makhine prit le coupon. – Mettre 1 devant 2.50 et ce sera 12.50.

— Mais est-ce qu’il existe de pareils coupons ?

— Comment donc ! Et les coupons attachés aux billets de mille roubles ? Une fois j’en ai fait passer un pareil.

— Oh ! ce n’est pas possible !

— Eh bien ! Voyons ! Faut-il ? demanda Makhine en prenant une plume et lissant le billet avec les doigts de la main gauche.

— Mais ce n’est pas bien…

— Quelle blague !

« Et en effet », pensa Mitia. Et il se rappela de nouveau les injures de son père : « Filou. » « Eh bien ! je serai un filou. »

Il regarda le visage de Makhine. Makhine souriait tranquillement.

— Eh bien ! Tu marches ?

— Marche…

Makhine traça soigneusement le chiffre 1.

— Eh maintenant, allons dans un magasin… Tiens, là, au coin… Des accessoires de photographie… J’ai justement besoin d’un cadre, voilà pour cette personne…

Il prit la photographie d’une fille aux grands