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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/135

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savait rien et n’avait pas envie d’épouser une fille de son village.

— Quoi ! Aurais-tu déjà quelqu’un en vue ? dit-elle.

— Oui… Je te prendrais bien… Voudrais-tu de moi ?

— En voilà un Pot ! Et comme il a bien dit cela ! dit-elle en lui donnant une tape sur le dos. — Pourquoi ne voudrais-je pas de toi ?

Pendant le carême le vieux vint à la ville pour chercher l’argent. La femme du marchand avait appris qu’Alexis avait l’intention d’épouser la cuisinière, et cela ne lui plaisait pas. « Elle deviendra enceinte et ne sera bonne à rien avec un enfant, » avait-elle dit à son mari.

Le marchand remit au père l’argent d’Alexis. — Eh bien ! Comment travaille-t-il ? demanda le paysan. Je vous l’ai dit qu’il ne discute jamais.

— Oui… Mais il a envie de faire une sottise… Il veut épouser la cuisinière, et moi, je ne veux pas de domestiques mariés ; cela ne me va pas…

— L’imbécile ! Voilà ce qu’il a inventé ! dit le père. Ce n’est rien. Je vais lui ordonner de renoncer à cette sottise…

Le père passa à la cuisine et s’assit devant la table, attendant son fils. Aliocha avait couru faire une commission ; il rentra essoufflé.

— Je te croyais un garçon sérieux, et voilà ce que tu as imaginé ! dit le père.

— Moi ?… rien…

— Comment rien ? Tu veux te marier. Je te marierai quand le moment sera venu, et avec qui il faudra, mais non avec une coureuse de la ville.