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Page:Tolstoï - L’Esprit chrétien et le patriotisme.djvu/66

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et vides, le froid, la faim, le chagrin, devant soi, l’ennemi qui tue ; derrière soi, les chefs qui vous poussent sans relâche ; du sang, des blessures, des souffrances, des cadavres en pourriture, et la mort par milliers, la mort en vain.

Cependant, les gens comme ceux qui ont pris part aux fêtes de Toulon et de Paris, seront assis devant un bon dîner, avec leurs verres à demi-pleins, un cigare aux dents, dans une tente bien chaude ; avec des épingles, ils marqueront sur la carte les endroits où il faudra laisser sur le terrain telle quantité de chair à canon formée par ce peuple lui-même, — et tout cela, afin de prendre telle ou telle position et de gagner un bout de ruban.