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Page:Tolstoï - L’Esprit chrétien et le patriotisme.djvu/64

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main au peuple, à la jeune génération et, d’une façon générale, à tous les Russes et à tous les Français que la guerre est inévitable, qu’elle est légitime et, de plus, avantageuse.

— « Nous ne pensons pas à la guerre ; nous ne nous occupons que de la paix ! »

— On a envie de demander : « Qui diable trompe-t-on ici ? » Mais cette question n’est guère nécessaire, on voit trop clairement qui est ce malheureux que l’on trompe.

Ce malheureux que l’on trompe et que l’on trompe de toute éternité, c’est le peuple qui travaille, le peuple naïf, celui-là même qui, de ses mains calleuses, a construit ces vaisseaux, ces forteresses, ces arsenaux, ces casernes, ces canons, ces ports, ces jetées, ces palais, ces salles, ces estrades